« Jusqu’à 30 ms de latence en moins sur le clic. » C’est la promesse que Logitech martèle depuis le lancement de la Logitech G Pro X2 Superstrike, disponible depuis le 11 février 2026. Et comme tous les chiffres avec un « jusqu’à » devant, celui-ci mérite qu’on s’y arrête avant de sortir la carte bleue, parce que 180 € pour une souris, même excellente, ça se réfléchit.
Disons-le tout de suite pour éviter une confusion fréquente : la Superstrike n’est pas une « Superlight 3 ». Elle reprend le gabarit de la gamme Pro (61 g, soit un gramme de plus que la Superlight 2, dans une coque même légèrement plus compacte d’après les mesures de Tom’s Guide), mais la proposition est radicalement différente. Ici, Logitech ne cherche pas à gratter des grammes ou des DPI. Il s’attaque au clic lui-même.
Pour résumer en quelques lignes : La Logitech G Pro X2 Superstrike remplace les switchs mécaniques des clics par une détection inductive analogique doublée d’un retour haptique simulé. Le gain de réactivité est réel et mesuré par des labos indépendants, le point d’activation du clic se règle sur 10 niveaux, et l’usure mécanique du switch disparaît par conception. Comptez 179,99 € au prix conseillé, autour de 170 € via les comparateurs.
Un clic sans switch : comment ça marche, concrètement ?
Sous les boutons principaux de la Superstrike, il n’y a plus de switch mécanique. Plus de lamelle métallique qui ferme un circuit, plus de contact physique du tout. À la place, le système HITS (Haptic Inductive Trigger System) : des bobines génèrent un champ inductif qui mesure en continu la pression de votre doigt, de façon analogique. Le clic de la Logitech G Pro X2 Superstrike n’est plus un interrupteur, c’est un capteur.
Si vous avez suivi ce qui s’est passé côté claviers ces dernières années, ça devrait vous rappeler quelque chose : c’est exactement la logique du Wooting 60HE et des switchs à effet Hall, transposée à la souris. Point d’activation réglable (10 niveaux ici), point de réinitialisation réglable aussi (5 niveaux), et donc du vrai Rapid Trigger sur les clics.
Razer et ASUS avaient déjà attaqué le problème avec des switchs optiques, qui suppriment la latence de rebond et les problèmes de double-clic liés à l’usure, mais comme le souligne Clubic dans son test, un switch optique reste binaire : activé ou pas. HITS va un cran plus loin en rendant le clic analogique et personnalisable.
Et puisqu’il n’y a plus de contact physique, il n’y a plus rien à user. Le double-clic fantôme qui condamne tant de souris après deux ou trois ans, y compris, ironie de l’histoire, pas mal de Logitech, disparaît par conception. C’est peut-être l’argument le plus solide de la Logitech G Pro X2 Superstrike.
30 ms de gain, ce que dit vraiment ce chiffre
Le chiffre marketing, d’abord. Les 30 ms annoncées, c’est un maximum, comparé à des switchs mécaniques classiques avec leur course complète et leur debounce. Logitech avance une autre formulation, relevée par L’Éclaireur : l’écart de latence au clic entre joueurs professionnels et joueurs lambda passerait de 14 ms à 3 ms avec la G Pro X2 Superstrike. Autrement dit, la souris ne vous rend pas plus rapide qu’un pro, elle réduit le handicap matériel qui vous séparait de lui. Mais après si vous avez pas le talent, est ce que ça vaut le coup de mettre 180 balles dans une souris.
C’est le résumé honnête de la situation. Le gain existe, il est mesurable, il est même perceptible au doigt. L’Éclaireur comme Gameblog le confirment dès les premières minutes de jeu, mais votre temps de réaction, votre flick et votre placement de réticule restent inchangés. La souris relève le plafond mais elle ne joue pas à votre place.
« Un clic simulé, ça doit être bizarre » : non, et voici pourquoi
C’est l’objection réflexe, et elle est légitime : sans switch, d’où vient la sensation de clic ? De micro-actionneurs haptiques qui simulent l’activation et le relâchement. Réglé au maximum, le retour imite un clic mécanique ferme au point de tromper les habitués, d’après le test de L’Éclaireur, au minimum, il se réduit à une impulsion à peine perceptible.
Autre crainte classique avec un point d’activation ultra-court : les clics accidentels. Gamertech, qui a passé une semaine avec la Logitech G Pro X2 Superstrike, n’en a pas relevé, même avec la course minimale. La détection analogique semble bien calibrée.
Le reste de la fiche, débarrassée du vernis marketing
Le capteur HERO 2 affiche 44 000 DPI et encaisse 88 G d’accélération. Chiffres impressionnants sur le papier, et parfaitement théoriques dans la pratique : personne ne joue au-delà de quelques milliers de DPI, et la Superlight 2 trackait déjà de façon irréprochable. Ce n’est pas là que se joue l’achat.
L’autonomie annoncée tourne autour de 90 heures. La souris est compatible avec le tapis de charge POWERPLAY 2, vendu séparément et cher, donc à réserver aux allergiques au câble. Dans la boîte : la souris, un dongle 2,4 GHz (en USB-A, ce qui commence à faire désordre en 2026), et des grip tapes optionnels. Pas de RGB, à part une LED de batterie, sur ce segment, c’est une qualité.
Les vrais défauts
Le prix, évidemment : 179,99 € au tarif conseillé, la Fnac s’y tient, et les comparateurs comme Idealo la font descendre autour de 170 €. C’est le prix de deux très bonnes souris, ou d’une Superlight 2 dont le tarif baisse et et même trouvable en promo, que vous pouvez retrouver dans notre article.
La dépendance à G HUB, ensuite. Tous les réglages qui font l’intérêt de la souris, points d’activation, Rapid Trigger, intensité haptique, passent par le logiciel de Logitech.
Enfin, c’est une technologie de première génération, lancée il y a quelques mois. Aucun signal d’alerte sur la fiabilité à ce stade, mais le recul sur plusieurs années n’existe tout simplement pas encore. Je vous le signale parce que c’est vrai, pas parce que ça doit vous bloquer.
Alors, pour qui ?
Si vous jouez sérieusement en compétitif et que votre souris actuelle a plus de deux ans, la Logitech G Pro X2 Superstrike est probablement le premier vrai saut technologique sur ce marché depuis le passage au sans-fil. Le Rapid Trigger sur les clics, une fois adopté, est le genre de chose sur laquelle on ne revient pas.
Si vous jouez pour le plaisir, gardez vos 180 €. Une Superlight 2 en promo, ou n’importe quelle bonne souris à 60-80 €, vous donnera 95 % de l’expérience. Les 3 millisecondes gagnées ne changeront pas vos soirées.
