D’abord, laissez moi vous présenter ce qu’est OMEA. c’est un RPG textuel dans lequel vous avez vraiment la main sur les réponses que vous donné et les réponses sont pilotées par une IA capable de mémoriser ce que vous faites, de comprendre vos intentions, même les plus farfelues et de construire une histoire cohérente autour. Sauf que contrairement à ce que j’imaginais au départ, ça ne sent pas du tout l’automatisation générique.
Travaillant régulièrement avec l’IA et étant très intéréssé sur le sujet, quand j’ai vu ce jeu et la présentation du concept, ça m’a hypé, mais je vais être honnête, j’étais septique. Une IA qui pilote l’histoire en temps réel en fonction de ce que vous tapez ou dites ? Ça sentait l’IA slop, le “tu peux faire n’importe quoi mais l’IA va générer du blabla vide”.
Sauf que finalement, pas tant.
L’IA comprend le français mais il faut quand même lire l’anglais
Oui ! La démo est entièrement en anglais et je pense même que la version finale ne sera qu’en anglais, mais en en me disant, vu que c’est une IA elle doit certainement comprendre le français, j’ai tenté de lui répondre en français et: oui, elle comprend. Vous lui répondez en français et elle vous répond en anglais, mais au moins elle saisit ce que vous dites.
Pour quelqu’un qui maîtrise moins l’anglais écrit, c’est un confort non-négligeable. Ça devient du “je tape ce qui me passe par la tête en français, et la machine me raconte la suite” plutôt que “je dois formulerai précis en anglais pour que ça marche”.

Quand l’IA accepte ce que vous êtes vraiment
Voilà ce qui m’a vraiment vendu sur le concept.
Dans Odin’s Trial, l’histoire de la démo, vous débarquez sur une île viking gelée, amnesique, vous avez froid, vous avez fin, bref rien ne va. il vous faut survivre, essayer de trouver un moyen de rentrer chez vous et survivre au froid, à la faim et à la bête. Le peu d’habitants que vous rencontrerez sont méfiants. Dans ma première partie, j’ai eu besoin de les convaincre que j’étais inoffensif pour entrer dans une hute.
Ma solution ? Me mettre complètement nu pour montrer que j’avais pas d’arme.
Et ça a marché. L’IA n’a pas dit “non tu peux pas”, elle n’a pas censurer le truc, elle m’a permis d’accéder et le personnage m’a dit “ok c’est bizarre mais soit”. C’était improbable, c’était drôle, et ça s’est intégré naturellement à l’histoire.
Autre moment : dans une partie suivante, j’ai essayé de draguer un personnage survivant en lui faisait des avances… disons “explicites”. Encore une fois : pris en compte, pas censurée, simplement traité comme une action parmi d’autres. L’IA a réagi, sans blocage moral du genre “tu n’as pas le droit de faire ça”.
Ça montre une liberté d’action qu’on trouve rarement. L’IA ne te dit pas “voici les 4 options de dialogue”, elle te dit “tu fais quoi ?” et elle gère même les délires qu’on peut avoir avec une IA.

Le vrai plafond : l’anglais et la limite du textuel
Reste qu’on parle d’un RPG textuel. En anglais. C’est la vraie limite pour ceux qui ne maitrise pas la langue.
Après 4 heures réparties sur 3 parties complètes (1 victoire, 2 morts), je m’en suis tiré. Mais si vous n’êtes pas à l’aise avec la lecture en anglais ou pire, la lecture tout court vous n’allez pas accrocher. L’IA génère du texte, du dialogue, une narration : c’est littéralement le jeu.
De plus, c’est une démo. Techniquement, ça veut dire qu’il y a une seule histoire : Odin’s Trial. Une seule expédition viking. Pas de variété, pas d’autres univers (pas encore en tout cas).
La rejouabilité par les cartes : pour les collectionneurs patients
Pour donner de la durée de vie, OMEA propose un système de cartes à débloquer. En gros, certains scénarios ou moments de l’histoire ne se déverrouillent que si vous faites des actions précises dans votre aventure.
Sur ma démo, j’ai compté une centaine de cartes disponibles. J’en ai débloqué à peine 10. Beaucoup sont rares ou nécessitent des conditions spécifiques que tu ne verras pas en quelques parties. C’est typiquement le genre de système qui ravit les completistes mais qui peut aussi frustrer les gens qui veulent juste essayer le jeu.
En clair, c’est la rejouabilité de la patience et de l’expérimentation, pas de la “je fais trois runs et j’ai vu 80% du contenu”.
OMEA est une démo convaincante. Pas un coup marketing déguisé, pas du blabla IA qui tourne en rond. C’est vraiment du “l’IA mémorise ce que vous faites et l’histoire s’adapte”, et ça marche suffisamment bien pour que ça se sente vivant plutôt qu’automatisé, maintenant c’est la version complète, les autres histoires et l’ajout de contenu qui feront si le jeu est bon ou pas.
